Muang N'Goi - Le rêve Laotien - Arrivé le 11/12/2009
  


Muang N'Goi - Le rêve Laotien - Arrivé le 11/12/2009

 

Muang N'Goi, Laos, Laos le 20/02/2010

 

              Sur les rives de Nang Khiaw, nous nous mêlons au flot de touristes qui rejoignent Luang Prabang ou Muang N’Goi … Nous embarquons pour une traversée de plus d’une heure sur le fleuve et sur le bateau, nous rencontrons Fanny, une autre québecquoise, pétillante et adorable qui se joindra à nous pour quelques jours ….

                La croisière est paisible. Le long du fleuve, la jungle s’étend… et sur son bord les arbres gigantesques qui n’ont pas le bonheur d’avoir des racines aériennes viennent tremper les leurs dans l’eau … Soudain, au détour d’une montagne, un pic gigantesque nous apparaît cerclé d’un nuage blanc qui lui fait comme une auréole et au pied de ce pic, se profile le paisible petit village de Muang N’Goi ….

                Un vrai village à dimension humaine, seulement quelques guest houses, surtout des petits commerces tenus par des femmes aux caractères francs et riants … des enfants qui laissent éclater des rires un peu partout, des animaux qui progressent dans la principale et la seule artère de terre et de sable … Plus loin, au-delà des taillis, à l’ombre des bananiers, des femmes lavent du linge dans une rivière pendant que des enfants, sous le regard des anciens du village assis là,  rentrent fièrement avec un sac tissé de lianes, d’une pêche frugale … Sous nos pieds nus, des petites fougères se rétractent sur elle-même, offrant tout de même un doux tapis … devant nos yeux, un petit village qui dit SABAI DEE (Bonjour), je suis un petit coin de paradis …

                Sur les conseils de Fanny, nous rejoignons la banana Guest House, la dernière du village … où avec un sourire large comme un quart de lune, une femme nous accueille chaleureusement en nous serrant tour a tour et tous les 5 dans ses bras … Mama Banana … Une femme simple et douce, gentille et forte, qui vit là avec son mari, et sa fille, en faisant le deuil de son fils de 17 ans, mort l’année passée d’une maladie … Elle nous installe pour rien, aussi confortablement que possible dans deux petit bungalows et s’assure que nous ne manquons de rien …   installés dans des hamacs, la ville nous berce, mais pas autant que le visage de cette femme… entre elle et nous, s’instaure à la fois comme un jeu et comme quelque chose que nous voulons partager, une relation peu commune et presque filiale, un échange humain …

                Le soir elle nous sert sur la terrasse de nos bungalows, un délicieux plat dont elle a le secret, puis s’en va préparer des sandwichs au beurre et à la confiture  pour notre trek du lendemain en nous conseillant de ne pas veiller trop tard … de toute façon l’électricité se coupe (il n’y en a que quelques heures par jours) … nous partageons tout de même quelques verres de  lao lao au dessus des bananiers et nous partons nous coucher ...

                Le matin, on se réveille en douceur grâce à l’imposant pancake au chocolat et à la banane que Mama nous a cuisiné…  Ce trek nous le faisons par nous même … sans suivre les conseils de ce guide qui nous expliquait la veille l’histoire de la peur ancrée du Laos envers les occidentaux depuis la colonisation française …

                Nous nous enfonçons plus loin que la veille dans les sentiers qui s’échappent du village, au milieu d’une myriade de papillons dorés et tentons maladroitement de traverser sur des rochers une rivière … avant de déboucher sur une immense plaine au milieu des montagnes … un sentier surélevé de terre nous permet de progresser à travers elle, au milieu des timides b(U)ffles d’eau et des enfants, autrement moins farouches, qui chassent le rat …

                La voie ne suit qu’une trajectoire qui nous mène tout droit dans un autre village du même type que celui de notre trek précédent, du type laotien en fait … en bois, en sable, et en rires … Nous traversons le village sous le regard un peu alerte de ses habitants … Dominique fait demi tour ici car sa cheville le fait souffrir … nous , nous progressons dans le village pour finir par donner des moitiés de sandwichs aux enfants de l’autre côté, dans un champs…

                Dans les plaines, le chemin finit par bifurquer, un vieil homme nous indiquent la route à suivre … mais les voies bifurquent encore et encore … nous obligeant par moment à traverser des rivières au courant turbulent sur des restes de barrages … nous finissons par nous enfoncer dans une broussaille si dense qu’il nous devient difficile de progresser … des sangsues et des fourmis rouges énormes se disputent nos jambes…c’est la jungle, les sentiers n’existent plus …puis finalement nous débouchons, au bord d’un cours d’eau  d’où l’on peut de nouveau voire le ciel et faisons une halte pour déjeuner …

                Jo éprouve le désir de traverser la rivière pour continuer, nous ôtons nos chaussures et tentons de poursuivre, sans Fanny et Izzy qui rebroussent chemin … mais de l’autre côté de la rivière, le chemin est impraticable et infesté de sangsues … Flu, les jambes déjà trouées par ces bestioles, finit par convaincre Jo de rebrousser chemin et nous emboîtons le pas à Fanny et Izzy pour retourner sur Muang N’Goi …

                Nous partageons avec Izzy et Dom, quelques parties de pétanques et une bière en attendant le dîner … Mama est chargée de boulot, des touristes sont venus dîner chez nous … Elle à l’air désolée de ne pouvoir nous servir immédiatement et nous l’aidons, à la cuisine et au service … le plat qu’elle finit par nous cuisiner vaut encore une fois largement, l’attente qu’il impliquait …

                Alors que le bruit des turbines annonce encore une petite demi-heure de lumière, nous partageons un dernier moment avec Mama et Papa… Ils nous montrent des photos de leurs enfants,  d’eux, et de cette merveilleuse Guest House, que Papa semble fier d’avoir construite …  A la fin du repas, Mama lie autour de nos poignets, des bracelets de laine couleur perle qu’elle charge de chance pour la suite de notre vie … c’est un peu un jeu pour nous de nous construire cette famille, mais c’est aussi un lien touchant et très fort qui naît de cet échange …

                Le Lendemain, nous partons pour Luang Prabang. Le cœur un peu serré, nous chargeons nos sac et nous rejoignons, devant la Guest House, Papa et Mama qui nous attendent pour nous dire au revoir … qui nous prennent dans leurs bras et nous regardent repartir sur le sentier dans des promesses de retour… Nous repartons en bateau pour Nang Khiaw, avant de rejoindre Luang Prabang …

 

Commentaires



Autres récits de voyage