Premier changement de pays, et déjà tant de souvenirs uniquement en Chine. Nous prenons un taxi pour la gare. Nous sommes en retard et bien évidemment le taxi prend la mauvaise direction. Heureusement nous sommes encore en Chine et nous arrivons à nous faire comprendre. « De l’autre côté », « Demi-tour », « pas par là », tout cela en français ne marche pas. Solution B : STOP, un dessin, une carte de la ville, et c’est reparti. Au final nous arriverons à l’heure, nous passons le dernier scanner à bagages chinois (c’est de loin l’appareil le plus utilisé en Chine) et sans réellement comprendre pourquoi, la guitare se met droite dedans, juste le temps de la retirer…. Ou pas. Le manche sera un peu cassé. Une tristesse nous empare. Un compagnon de moins. Si cela avais été Flo au moins….
Le chemin en direction du Laos est fabuleux, nous ne traversons pas les montagnes, nous les contournons, et c’est uniquement une route qui passe par des kilomètres de forêts tropicales.
La frontière chinoise se passe bien dans ce grand bâtiment, un petit contrôle et nous sommes dans le no man’s land. La frontière laotienne est jute un petit préfabriqué. Nous dev(O)ns faire le visa, l’ensemble du car attend pour nous. Oups. Et nous n’avons pas assez de Yen, pas de Kip (monnaie laotienne), pas de dollars…. Heureusement il reste nos 10 euros de secours.
Le paysage est similaire mais la vie change complètement. La route est équivalente à la pire des routes françaises, c’est la route principale du Laos. La ville de Jinghong serait une mégalopole à côté de ces quelques maisons de bois, de taules et de chaumes sommaires qui forment un « village » laotien. Et l’attitude des laotiens est d’une gentillesse et d’un relaxant hors du commun. Les enfants rient et nous sourient au bord des routes,sur le perron de leurs cabanes en pilotis.
Nous nous arrêtons à Luang Nam Tha connu pour son parc national. Il faut savoir qu’une ville au Laos est composée de quelques maisons de pierres, toutes regroupées autour de la route principale, bétonnée ou non. C’est un nouveau monde déroutant que nous devons apprendre à dompter. Nous sommes un peu fatigués par le voyage « Nous ne comprenons plus la monnaie (1 euro = 13 000 kip), encore moins la langue. Nous adorons ça. Le voyage nous a pris la journée, le soir nous sortons manger, découvrir un peu la « ville », son marché, sa fête foraine et ses quelques bars, enfin les deux bars. La première expérience culinaire du Laos sera la salade de Papaye. A lire sur la carte, sympa. A manger, impossible ! Le condensé d’épices sur un bout de papaye râpée est équivalent à un kilo de piments trempés dans de la moutarde plus forte que jamais et tout ça assaisonné du pire Wasabi du Japon. Un peu perdu, troublés par ce nouveau monde.
Nous rencontrerons plus tard 2 français et 1 américain qui finaliserons notre envie de faire un trek. Ce sera le programme de notre premier jour au Laos. Un trekking de 2 jours afin de découvrir le paysage laotien, son parc national, ses villages dans la jungle et ses minorités ethniques.
TREKKING [Synonyme : Hiking (excursion ou randonnée)] : Action de marcher vers un objectif…. ou pas. Condition physique à avoir pour certains treks … ou pas. Rigoler avec les autres randonneurs… ou pas. Bref, cela est quitte ou double et pour nous se fût…..
Et nous voila de bonne heure dans un minivan direction la jungle. Arrêt dans un marché local avec comme à son habitude des choses que nous ne pouvons connaitre ou comprendre (exemple : pourquoi vendre des écureuils ?). Des chiens mangeaient le reste de cadavre d’un bœuf… Bon appétit.
Nous marcherons dans cette jungle en voyant de très beaux paysages, en faisant de belles rencontres avec de superbes araignées et en rigolant avec nos compagnons de trek. Le groupe est donc composé d’un couple de francobelge, d’un québécois et d’un américain. Le français était donc très présent mais sous plusieurs formes. Il est parfois difficile de comprendre certaines expressions, accents ou mots utilisés. Nous avons adoré.
Le repas du midi est extraordinaire. Nous nous arrêtons sur des planches en plein milieu de la forêt, le guide sort de la nourriture local, du riz évidemment et viandes, légumes, fruits et compagnie sont au rendez vous, étalés sur d’immenses feuilles de bananiers, d’ailleurs le miracle de ce repas sera …………….. Florian mangeras une banane !!! Ce ne sera que la première d’une longue série. Le trek se poursuit pour arriver dans un village au milieu de nulle part. Parents, enfants, chiens, poules, cochons, vaches vivent en communauté. C’est un monde différent que celui que nous connaissons, nous, occidentaux. Imaginez votre premier voisin à deux heures de marches à travers la jungle... Le reste de la journée est libre alors pourquoi pas nager dans la rivière longeant le village. Et pourquoi pas remonter son courant juste un peu. Et puis, pourquoi pas traverser ce pont en bambou vertigineux et à moitié cassé ?
Avec le canadien et l’américain, Dominique et Izzy, nous sommes maintenant des aventuriers en shorts de bain, torse nu, traversant maintenant la jungle et les champs de superbes paysages. Nous décidons de revenir par la rivière jusqu’au village. Expérience inoubliable, nager dans ce courant avec 15 cm d’eau ou plus, des pierres de partout que nous percutons des fois, voir les enfants pêcher ou danser nus autour d’un feu sur le bord de la rive, nager normalement, passer de petits rapides, encore des pierres et finalement…. Le village. Quelques écorchures sont présentes mais nous sommes avec un grand sourire. Un repas, du riz évidement, un feu, des énigmes, blagues et conversations diverses composent le reste de la soirée sans oublier ce rideau d’étoiles fantastique dans le ciel avec le chant de la jungle l’accompagnant.
Le lendemain nous traverserons encore la jungle et deux villages. Quelques parties du trek seront plus difficile que d’autres, mais le trek se finit dans une superbe ambiance. Retour en « ville » avec plein de souvenir et nous jouerons aux cartes avec le couple du trek,Pierre et Caro.
Ces 4 personnes nous accompagnent pendant une partie du voyage vers la prochaine étape, Nan Kiaw. Pierre et Caro prendront la direction de Luang Prabang (ce fût un réel plaisir de les rencontrer) et Dominique et Izzy nous accompagnent. Un Minivan, un Tuk-Tuk, quelques heures de transport et nous voilà entouré de petites montagnes, d’une rivière et d’un couché de soleil sur celle-ci.
Nous devons prendre un bateau le lendemain pour Muang Ngoy, village perdu en amont de la rivière.
Mais n’oublions pas cette soirée fantastique avec Dominique et sa gentillesse canadienne. Il a 34 ans, d’une constante humeur joyeuse et une bonne joie de vivre. Après un bon petit resto, nous irons « gouter » le Lao Lao, alcool local, dans le beau bungalow de Dominique au bord de la rivière. Nous lui apprenons deux ou trois jeux de cartes et puis il sera vraiment temps d’aller se coucher….